Depuis 20 ans, les amoureux des paris hippiques habitants à La Chaize-le-Vicomte (Vendée) doivent parcourir une dizaine de kilomètres, pour pouvoir trouver un point de vente PMU (Pari mutuel urbain) : « Jusqu’à La Ferrière, Bournezeau, et bien sûr sur La Roche-sur-Yon. Et ce, depuis la fermeture du café Le Relais, qui était d’ailleurs situé dans la même rue », explique Florence Lheriteau, la propriétaire du tabac presse de la rue des Frères Payraudeau. Mais depuis le 3 novembre 2021, grâce à elle, cette situation est de l’histoire ancienne. Avec l’arrivée du PMU dans son magasin, les turfistes peuvent s’adonner à leur passion, à nouveau à domicile : « Beaucoup de parieurs de courses hippiques préfèrent le faire dans des bars, où ils peuvent discuter avec des spécialistes. Mais en proposant ce service supplémentaire, je sais que je réponds à une vraie attente. Beaucoup de clients me demandaient de l’avoir. »

Première tentative avortée en 2016

Pour autant, Florence Lhériteau n’a pas eu besoin de solliciter le PMU. Il faut dire qu’elle avait été un peu échaudée après avoir essuyé un refus en 2016, lors de son installation à La Chaize-le-Vicomte (Vendée) : « Je savais que les conditions étaient drastiques, pour pouvoir proposer le PMU. Et elles le sont toujours. Il faut notamment avoir une certaine expérience dans le domaine des jeux d’argent. Le fait d’être un point de vente de la FDJ (Française des jeux) depuis cinq ans, a certainement joué en ma faveur », estime la buraliste.

Début 2021, une assistante de l’agence du PMU de Nantes a poussé les portes de son tabac presse : « Elle était en recherche de nouveaux points de vente. Je pense qu’avec la crise sanitaire, ils essayent coûte que coûte de faire revenir les joueurs. Beaucoup de bars ont fermé. »

« Le plus dur est de conseiller les parieurs »

Florence Lheriteau monte alors son dossier. Comme un pari sur l’avenir. Un dossier dans lequel il faut montrer patte blanche : « Bilan comptable, surface du magasin, tout est épluché et rentre en ligne de compte. Surtout tout ce qui concerne la sécurité du magasin. » Contre toute attente, elle reçoit une réponse favorable en plein été : « Ils ont accepté, alors que je reste fermé entre 13 h et 14 h 30. Car ils préfèrent les points de vente qui sont ouverts le midi. Les courses se déroulant entre 11 h et 14 h. »

Depuis un peu plus d’une semaine, Florence Lheriteau découvre un nouveau métier : « J’ai suivi un stage d’une journée pour connaître notamment la comptabilité spécifique des paris hippiques, l’utilisation du logiciel qui s’en occupe. » Et de reconnaître que « le plus dur est de conseiller les parieurs. J’ai découvert qu’il y avait d’innombrables courses différentes sur lesquelles les joueurs pouvaient parier. Car c’est aussi mon rôle. Mais je vais m’y mettre. J’ai bon espoir de pouvoir rapidement donner de bons tuyaux à mes clients ! », assure, non sans humour, la buraliste.

 

Stéphane BAUZA


Source : Ouest France