Un foyer épidémique de rhinopneumonie a été déclaré lors du Valencia Spring Tour il ya quelques semaines, entrainant une propagation du virus en France et dans les pays voisins, malgré les mesures imposées aux organisateurs par la FEI. Dans ce contexte, la FFE et la SHF ont décidé conjointement de suspendre à compter du 1er mars et jusqu’au dimanche 11 avril 2021 inclus, l’ensemble des compétitions équestres nationales et internationales, rassemblements d’équidés et stages qu’elles organisent ou placés sous leur égide. La FEI a de son côté, acté le 02 mars, la suspension de toutes les compétitions sur cette même période, dans 10 pays d’Europe continentale dont France, Espagne, Italie, Portugal, Belgique, Allemagne et Pays-Bas (à l’exception des concours sur plusieurs dates ayant débuté qui peuvent se poursuivre sans accueillir de nouveaux chevaux). 

Selon France Galop, il est recommandé de rester extrêmement vigilant dans tous les secteurs. Les mesures sanitaires de prévention restent d’actualité et doivent s’appliquer à l’ensemble de la filière.  A ce jour, les courses au Trot et au Galop sont maintenues, cette population d’équidés étant bien distincte de celle des chevaux de sport. Des mesures très strictes ont été prises pour éviter tout contact avec des chevaux de sport sur le territoire national. Les chevaux de course sont, de plus, tous vaccinés (obligation depuis 2018). La saison de monte se poursuit églement : des mesures de précaution sont très largement appliquées, notamment pour les centres de reproduction accueillant des chevaux de sport pour lesquels une suspension de leur accueil jusqu’à début avril est majoritairement appliquée. 

Les Warm’up, ventes et foires sont un point d’extrême vigilance ; la cellule de crise recommande de les reporter ou d’y appliquer des mesures de précaution strictes, éventuellement les mêmes que celles mises en place lors de l’épizootie d’herpèsviroses de 2018.  Il en va de même pour la filière Elevage, la saison de monte débutant, l’introduction/retour de chevaux dans un effectif doit s’accompagner de ces mêmes mesures sanitaires, a fortiori pour les structures avec une activité mixte Elevage / Sport et les centres de reproduction multi filières (Sport/Courses). Les protocoles de vaccination pour les centres de reproduction doivent être rigoureusement respectés.

Un protocole sanitaire a été mis en place pour faovriser la reprise des concours du 12 avril dans de bonnes conditions. Vous pouvez le retrouver ici

Même si des chevaux correctement vaccinés ont pu montrer des signes cliniques, notamment neurologiques, la vaccination reste une mesure efficace de lutte collective contre la maladie. Pour l’animal vacciné, elle permet d’en limiter les symptômes, principalement pour les formes respiratoires et abortives, et surtout la quantité de virus excrétés. Pour l’ensemble de la population équine, la vaccination limite donc la diffusion de la maladie et sa circulation au sein des groupes.

Les recommandations suivantes s’appliquent à l’ensemble de la filière, toutes activités confondues (trot, galop, sport, élevage, centre de reproduction, travail, loisir…) :

  • Il est conseillé pour les chevaux déjà vaccinés, en bonne santé, n’ayant pas été en contact avec des foyers avérés ou suspects, dont le rappel vaccinal remonte à plus de 6 mois, de procéder à un rappel.
  • Pour les chevaux non vaccinés et non exposés (n’ayant pas été en contact avec des foyers ou chevaux confirmés ou suspects), une vaccination peut également être envisagée, mais n’aura que peu d’effet en pleine épizootie. En effet, la primo-vaccination demandant a minima 2 injections à 1 mois d’intervalle, la protection commencera à être efficace lors de la seconde injection, soit 4 à 6 semaines après la première injection.
  • Pour les chevaux exposés qui peuvent être en phase d’incubation, la vaccination est déconseillée et n’aurait que peu d’effet ; sur un cheval malade, la première injection risque de n’entrainer aucune réponse immunitaire, voire de déclencher plus rapidement la maladie.

En cas de suspicion (fièvre, toux) contacter le vétérinaire sanitaire de la structure (un vétérinaire sanitaire doit être désigné par tout détenteur de plus de 3 équidés, professionnel ou non) afin :

- d'Isoler: mettre en place les protocoles de Bio-Securité préalablement définis lors de la Visite Sanitaire Obligatoire Équine

- Dépister: PCR sur écouvillon naso pharyngé en laboratoire agréé et déclaration RESPE 

- Vacciner : selon les recommandations


Articles :

La FFE communique sur la rhinopneumonie

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Alerte à la rhinopneumonie à forme nerveuse dans les sports équestres / Nouveau protocole de vaccination pour les courses

Rhino : concours et rassemblements arrêtés jusqu'au 11 avril

La FEI prépare la reprise des compétitions, avec de nouveaux protocoles sanitaires

Rhinopneumonie, comment et pourquoi déclarer les cas?

 

Recommandations pour la saison de monte et de reproduction

 

Communiqués :

Communiqué du 01/03 : FFE et SHF

Communiqué du 01/03 FEI

Communiqué du 03/03 RESPE

Communiqué du 09/03 RESPE

Communiqué du 15/03 RESPE

Communiqué SHF du 29/03 RHINOPNEUMONIE : REPRISE DES CONCOURS

COMMUNIQUÉ DU 31/03 RESPE

Protocole de reprise de la compétition FFE - SHF

Communiqué du 07/03 RESPE


Retrouvez toutes les alertes concernant le virus sur le site du RESPE

Les actualités du RESPE : https://respe.net/actualites/

Télechargez ici le guide des précautions sanitaires de l'AVEF

Mettre en place un circuit de soins lorsqu'un cheval est malade


La Rhinopneumonie - herpèsviroses de type 1 et 4

La rhinopneumonie, nom couramment donné aux herpèsviroses de type 1 et 4, fait l'objet de fréquentes déclarations par le RESPE dans toute la France. Elle existe sous 3 formes : respiratoire, nerveuse et abortive. Il est important de bien la connaitre, d'une part pour organiser une prévention efficace, et d'autre part pour limiter la diffusion depuis les foyers.

Les herpèsviroses sont des maladies très contagieuses. La transmission se fait par :

  • Les sécrétions respiratoires des chevaux atteints de forme respiratoire
  • Le contact avec un avorton ou les sécrétions utérines correspondantes dans l’expression abortive

Les virus peuvent survivre pendant plusieurs jours dans le milieu extérieur, d’où une contamination possible entre chevaux n’ayant pas de contact direct entre eux. Cependant, les virus sont sensibles aux désinfectants usuels.

Quels sont les signes cliniques des différentes formes d'herpèsviroses ?

Forme respiratoire

La maladie est d’allure grippale, mais avec des signes cliniques souvent plus modérés (fièvre légère, toux, écoulement nasal) pendant 1 à 2 semaines. La concentration d’équidés de différentes provenances, lors de manifestations équestres par exemple, représente également un facteur de risque. Les signes cliniques peuvent être plus sévères ou se compliquer de surinfections bactériennes, surtout chez les jeunes chevaux au travail. L’infection peut également passer inaperçue, notamment chez les équidés vaccinés.

Cette forme clinique est très fréquente en France : plus de 100 foyers dus à HVE-4 ont été déclarés au RESPE en 2019 et plus de 120 en 2018.

Forme abortive

L’herpèsvirose de type 1 est la première cause d’avortement infectieux.

18 avortements à HVE-1 ont été déclarés au RESPE en 2018.

L’avortement intervient sans signes prémonitoires (pas d’écoulements vulvaires, pas de montée laiteuse), le plus souvent en fin de gestation (9-11ème mois), mais peut survenir dès le 4ème mois. Le fœtus et le placenta sont expulsés sans difficultés, la jument n’est pas malade. Dans certains cas, le poulain naît à terme et vivant, mais présente des difficultés respiratoires et meurt, le plus souvent dans les 3 jours. Ces poulains sont hautement contagieux pour les autres chevaux.

Forme nerveuse

Des troubles nerveux variés peuvent être observés : troubles légers de la locomotion, ataxie (défaut de coordination des membres), parésie (paralysie partielle ou légère) voire paralysie, incontinence urinaire…

La récupération du cheval est variable. Les formes neurologiques graves peuvent nécessiter l’euthanasie du cheval atteint.

(Source: IFCE)


La vaccination

Comme le rappelle la SHF, la population des équidés vaccinés contre la Rhinopneumonie n’est que de 20% environ, ce qui facilite l’apparition des épidémies. Pour toutes les filières, l’objectif est d'accentuer la couverture vaccinale de la population équine afin d'immuniser idéalement 80% des équidés (2 injections de primo-vaccination) ce qui permettrait d’obtenir une immunité de groupe pour limiter a la fois les symptômes et la circulation virale, donc la propagation de la maladie.

Quel est le processus de vaccination?

Primo injection (à partir de 6 mois), 1er rappel 4 à 6 semaines plus tard, puis 1 injection tous les 6 mois.

En cas de gestation : 1 injection juste avant la monte puis 5ème, 7ème et 9ème mois de gestation (protocole EQUIP EHV 1,4, seul laboratoire fabriquant le vaccin en Europe).